“La vie ne se comprend que par un retour en arrière, mais on ne la vit qu’en avant”

Søren Kierkegaard

Il existe des outils pour nous aider à comprendre, par un retour en arrière, les situations de la vie, et nous souhaiterions vous en proposer un : la réflexivité en pratique au travers de l’intervision.

Il ne s’agit pas de se dire comment nous aurions dû faire mais comment l’expérience passée, observée et réfléchie nous aide à mieux comprendre et vivre les suivantes.

Pour cela, vous utiliserez du matériel tiré de votre propre exercice clinique que vous partagerez dans des groupes de discussion pendant la formation. Vous en tirerez des perspectives variées, des mises en situation et des applications pratiques à mettre en place au cabinet. Cette formation vous permettra d’analyser spécifiquement des challenges cliniques que vous rencontrez. Et ce en acquérant des outils pour développer votre autonomie et pouvoir continuer à explorer votre exercice clinique ; et en définitive acquérir une plus grande réflexivité pendant la pratique.

Cette formation s’inscrit dans une compréhension biopsychosociale de notre activité professionnelle (ou énaction) : ce cadre thérapeutique guide notre gestion des personnes et de leur environnement et il ouvre un immense champ de réflexivité sur notre pratique, les relations que nous développons avec nos patients et la place que nous leur donnons dans les prises de décision.

Programme de la formation

Au cours de cette formation théorique et pratique, nous proposons tour à tour une exploration des multiples facettes de l’interaction et alliance thérapeutiques, afin d’offrir aux participants une manière d’intégrer dans leur pratique les données relatives au modèle biopsychosocial ainsi que des outils de réflexivité pour leur permettre de développer leur métacognition afin d’accompagner au mieux leurs patients dans un cadre centré sur la personne.

1. Webinaire en direct – Introduction, cadre théorique
– mercredi 17 nov. 2021 de 19h30 à 22h30
2. Deux jours de travail en groupe à Coutances (Normandie)
– samedi 11 et dimanche 12 déc. 2021
3. Webinaire en direct – retours sur votre évolution réflexive
– mercredi 26 janv. 2022 de 19h30 à 22h30

Nombre d’heures de formation : 24 heures au total


4. Optionnel (en cas de confinement) – Ateliers en visioconférence
– samedi 08 et dimanche 09 janv. 2022 de 09h00 à 13h00

En cas d’impossibilité d’effectuer les 2 jours de présentiel pour des raisons de confinement, nous avons prévu de les remplacer par 4 demi-journées de distantiel : les matinées du 11 et 12 décembre, et les matinées du 08 et 09 janvier 2022.

“On apprend mieux de ses pairs que de ses maîtres”

Confucius

Les intervenants

Dr. Jerry Draper Rodi

J’ai reçu une formation initiale a l’ostéopathie en France que j’ai terminé en 2007 où je suis ressorti avec un raisonnement ostéopathique convergent avec la pensée de cette époque et une large boite à outils de techniques. L’anatomie me semblait alors clef pour comprendre les problématiques de mes patients ; j’ai donc suivi deux diplômes universitaires d’anatomie et me sentais alors bien équipé pour traiter mes patients.

En 2009, nous décidons avec mon mari de nous installer en Angleterre pour avoir des enfants et alors je découvre l’ostéopathie d’Outre-Manche, la « pure » où Littlejohn a monté en 1917 le troisième collège d’ostéopathie au monde. Et là, quelle a été ma surprise de voir une pratique si différente de celle qu’on m’avait enseignée pourtant alors décrite comme basée sur des principes fondateurs et respectueuses des traditions et valeurs ostéopathiques.

Au travers de mon prisme français, je trouvais la pratique anglo-saxonne tellement simpliste. En 2011, je débute un doctorat où j’entends parler de notions nouvelles pour moi comme l’absence de fiabilité de la palpation, les effets non-spécifiques, la pratique basée sur les valeurs, les théories sur les raisonnements cliniques et… la réflexivité en pratique.

C’est là où j’ai pris conscience que mon approche que je concevais comme holistique n’était pas centrée sur la personne mais au mieux sur des corps et que mon raisonnement clinique se résumait à des présumés effets dominos entre des structures dans le corps.

Cette (grosse) remise en question de ma pratique – qui pourtant semblait efficace d’après le retour de mes patients – m’a donc conduit à effectuer mon doctorat sur la prise en charge biopsychosociale des lombalgies.

La réflexivité en pratique est l’outil qui a le plus révolutionné ma pratique, m’a mis face à des situations inconfortables mais m’a également permis d’apprendre à les gérer et surtout a donné un sacre peps à mes consultations et à ma pratique me permettant de les voir chacune différente des autres.

Jerry Drapier Rodi, ostéopathe
Dr. Jerry Draper-Rodi

Tiphaine Jeanne

J’ai suivi une formation d’ostéopathie entre 2005 et 2010, formation au cours de laquelle je me posais déjà des questions sur les modèles explicatifs proposés ainsi que sur la diversité des « types » d’ostéopathie transmises par mes enseignant.e.s. Diplômée en 2010, je me suis installée en cabinet libéral à la sortie des études. J’ai alors commencé à me demander pourquoi certains patients allaient mieux et d’autres non, alors que mon « raisonnement ostéopathique » était le même, celui qu’on m’avait appris.

C’est en 2012, lorsque je suis devenue maman que mes premières réflexions sur l’importance de la relation entre deux individus sont nées. Quelle relation construire avec ma fille afin de lui permettre de grandir et de s’épanouir dans la confiance, l’estime d’elle-même, la sécurité et l’autonomie ? Quel impact, la relation que nous entretenons avec nos enfants, peut-il avoir sur la personne qu’elle est et deviendra ? Ces réflexions ainsi que différentes lectures et apprentissages sur divers types de communication et d’écoute m’ont amenée à me questionner aussi sur l’importance de la relation avec mes patients lors de mes consultations.

Au fur et à mesure des formations que j’ai suivies, de lectures d’articles et d’échanges avec d’autres professionnels se questionnant également sur notre pratique et sur l’efficacité de notre prise en charge, la question du « pourquoi les patients vont mieux ou non » prenait de plus en plus de place dans mes réflexions. J’ai commencé alors à remettre en question l’histoire que nous nous racontons en tant qu’ostéopathes.

Lorsque en 2017, j’écoute Jerry, alors doctorant, nous parler de son travail de thèse sur la prise en charge bio-psycho-sociale de la lombalgie dans un symposium d’ostéopathie, une lumière s’allume en moi et me donne de nouveaux outils à explorer afin de mieux comprendre les interactions que nous avons avec nos patient.e.s. Et cela ouvre sur la complexité passionnante de la prise en charge centrée sur le patient, ou en partenariat avec celui-ci.

En parallèle avec la découverte des neurosciences de la douleur, je commence alors un travail en supervision, qui me permettra d’avancer autant professionnellement que personnellement, mieux me comprendre moi, pour mieux comprendre comment interagir avec les autres et à quelle fin. La supervision et l’intervision avec différents groupes de pairs, depuis cette période, me permettent, sans cesse, d’améliorer ma capacité à adapter chaque nouvelle relation thérapeutique, centrée sur la personne qui me consulte tant avec les adultes, qu’avec les enfants de tout âge et leurs parents.

La réflexivité en pratique a évidemment joué un rôle primordial sur la thérapeute que je suis, mais pas seulement. L’écoute, la communication, l’attention aux attentes et besoins de tous les êtres humains qui m’entourent, enfants, ami.e.s, proches, famille ou bien juste un.e inconnu.e croisé.e par hasard, cela a aussi changé ma vie d’un point de vue personnel et a rendu mes interactions sociales plus simples et plus douces.

Tiphaine Jeanne
Tiphaine Jeanne