« La vie ne se comprend que par un retour en arrière, mais on ne la vit qu’en avant »

Søren Kierkegaard

Le but de la réflexivité en pratique est, à partir de matériel tiré de votre exercice clinique et du fruit des discussions pendant la formation que vous puissiez acquérir des outils pour analyser des situations, des échecs ou des réussites pour en définitive acquérir une plus grande réflexivité pendant la pratique.

L’époque que nous vivons peut-être perçue de différentes façons, et dans nos cabinets nous recevons une grande palette de personnalités, de problématiques, et les personnes arrivent avec leurs interrogations, ou bien leurs croyances et leurs certitudes sur leur monde intérieur et leur monde extérieur.

Quelle qualité d’accueil, d’écoute nous souhaitons offrir à cette diversité ?

Comment nous positionnons-nous face à aux systèmes complexes de nos patients ?

Prenons-nous le temps d’y réfléchir ?

Le modèle biopsychosocial (ou énaction) est un cadre thérapeutique permettant la gestion des patients/personnes et de leur environnement et il ouvre un immense champ de réflexivité sur notre pratique, notre posture d’ostéopathe, de thérapeute.

Nous proposons un groupe de travail de réflexivité, qu’il s’agira d’expliciter, ce travail pouvant permettre une meilleure compréhension des situations complexes, mais aussi de découvrir de nouveaux outils de connaissance de soi dans une démarche méthodologique et de donner un nouvel ancrage à notre posture professionnelle.

Programme de la formation

En attendant que la situation COVID s’apaise, cette formation se déroule entièrement en ligne durant des sessions en direct.

Au cours de cette formation théorique et pratique, nous proposons tour à tour une exploration des multiples facettes de l’interaction et alliance thérapeutiques, afin d’offrir aux participants une manière d’intégrer dans leur pratique les données relatives au modèle biopsychosocial ainsi que des outils de réflexivité pour leur permettre de développer leur métacognition afin d’accompagner au mieux leurs patients dans un cadre centré sur la personne.

1. Webinaire en direct – Introduction, cadre théorique – mercredi 21 avril 2021 de 20h30 à 22h30
2. Première demi-journée de travail en groupe – vendredi 7 mai 2021 de 9h00 à 13h00
3. Deuxième demi-journée de travail en groupe – vendredi 21 mai 2021 de 9h00 à 13h00
4. Webinaire en direct – Conclusion, retours d’expérience – mercredi 23 juin 2021 de 20h30 à 22h30

Nombre d’heures de formation : 12 heures au total

« On apprend mieux de ses pairs que de ses maîtres »

Confucius

Les intervenants

Jerry Draper Rodi

J’ai reçu une formation initiale a l’ostéopathie en France que j’ai terminé en 2007 où je suis ressorti avec un raisonnement ostéopathique convergent avec la pensée de cette époque et une large boite à outils de techniques. L’anatomie me semblait alors clef pour comprendre les problématiques de mes patients ; j’ai donc suivi deux diplômes universitaires d’anatomie et me sentais alors bien équipé pour traiter mes patients.

En 2009, nous décidons avec mon mari de nous installer en Angleterre pour avoir des enfants et alors je découvre l’ostéopathie d’Outre-Manche, la « pure » où Littlejohn a monté en 1917 le troisième collège d’ostéopathie au monde. Et là, quelle a été ma surprise de voir une pratique si différente de celle qu’on m’avait enseignée pourtant alors décrite comme basée sur des principes fondateurs et respectueuses des traditions et valeurs ostéopathiques.

Au travers de mon prisme français, je trouvais la pratique anglo-saxonne tellement simpliste. En 2011, je débute un doctorat où j’entends parler de notions nouvelles pour moi comme l’absence de fiabilité de la palpation, les effets non-spécifiques, la pratique basée sur les valeurs, les théories sur les raisonnements cliniques et… la réflexivité en pratique.

C’est là où j’ai pris conscience que mon approche que je concevais comme holistique n’était pas centrée sur la personne mais au mieux sur des corps et que mon raisonnement clinique se résumait à des présumés effets dominos entre des structures dans le corps. Cette (grosse) remise en question de ma pratique – qui pourtant semblait efficace d’après le retour de mes patients – m’a donc conduit à effectuer mon doctorat sur la prise en charge biopsychosociale des lombalgies.

La réflexivité en pratique est l’outil qui a le plus révolutionné ma pratique, m’a mis face à des situations inconfortables mais m’a également permis d’apprendre à les gérer et surtout a donné un sacre peps à mes consultations et à ma pratique me permettant de les voir chacune différente des autres.

Jerry Drapier Rodi, ostéopathe

Éléonore Lechat

J’ai commencé ma carrière il y a 20 ans comme masseur-kinésithérapeute, j’ai poursuivi mes études d’ostéopathie en parallèle et dès 2006 j’ai ouvert un cabinet d’ostéopathie exclusive à Paris, puis en 2009 à Montreuil, aujourd’hui je m’installe à Brest.

Pendant 11 ans j’ai assuré une vacation auprès d’enfants autistes au sein d’un hôpital de jour de pédopsychiatrie, expérience à la source d’un travail de réflexivité en pratique assez intense.

J’ai dès le début de mon activité d’ostéopathe choisi de suivre les stages de Michèle Dangréau Mussat, à la fois pour m’engager dans un travail profond d’ancrage du corps tel que le propose Michèle Dangréau-Mussat, mais aussi pour me former plus particulièrement au suivi des femmes enceintes et des nourrissons ; j’ai obtenu le DU de périnatalité de Paris Diderot et j’accueille souvent des étudiants ou jeunes ostéopathes pour suivre des consultations pédiatriques. J’ai été chargée d’enseignement pendant 6 ans au Collège Holistéa, m’épanouissant notamment beaucoup dans l’accompagnement des étudiants dans leurs consultations cliniques, car c’était à cet endroit où malgré tous les outils à notre disposition et bien se jouait dans le box une vraie aventure humaine, source de questions, de réflexions en partage.

D’autre part j’ai consacré du temps à des associations ou structures institutionnelles dédiées aux personnes réfugiées ou en demande d’asile, et toutes ces expériences m’ont amené à ne jamais cesser ma remise en question sur ma pratique, ma posture de thérapeute . Ces questionnements je les partage dans un groupe de thérapeutes supervisés par Isabelle Schmitt, ostéopathe passionnée depuis plus de 30 ans, membre active de l’académie d’ostéopathie où elle participe aux questionnements sur l’éthique.

J’ai à cœur de transmettre et de partager l’intérêt de cette réflexivité en pratique car elle m’a vraiment permis de garder la passion pour l’art ostéopathique.